Prévenir la maladie d’Alzheimer grâce à la stimulation cognitive.
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Ecrit le 26 Oct
Mise à jour le 14 Nov
par Ngaku Arthur, Lead Développeur
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Santé Stimulation Alzheimer Application mobile EHPAD Technologie Jeux cognitifs
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Pathologie neurodégénérative, la maladie d’Alzheimer entraîne des troubles cognitifs et la perte de la mémoire chez le sujet âgé. À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement curatif. Pour lutter et prévenir cette pathologie, pratiquer une stimulation cognitive régulière est hautement recommandée. Prise en charge non médicamenteuse avec des résultats efficaces, cette sollicitation, souvent réalisée par l’aidant, consiste à faire travailler le cerveau du patient à l’aide d’exercices et de mises en situation.

225 000 nouveaux cas d’Alzheimer chaque année

En France, plus d’1 million de personnes sont atteintes par la maladie d’ Alzheimer. C’est également la quatrième cause de mortalité. Cette pathologie dégénérative entraîne la perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions cognitives provoquant une perte de l’autonomie ainsi qu’une dégradation de la qualité de vie. Démence la plus fréquente chez les personnes âgées, elle génère de lourdes répercussions tant pour le patient que pour son entourage.

Si les symptômes et l’évolution varient d’un individu à l’autre, les troubles de la mémoire constituent les symptômes les plus fréquents. Ils sont fréquemment associés à un autre trouble cognitif tel que :

  • L’aphasie (troubles du langage),
  • L’apraxie (difficultés à effectuer certains gestes),
  • L’agnosie (perte de la reconnaissance des objets/des personnes),
  • La perte des fonctions exécutives (adapter son comportement à un contexte donné),
  • Un changement de comportement…

Il est important d’insister sur le fait que plus le diagnostic est précoce, plus l’on est à même de mettre en place des mesures permettant de ralentir l’évolution de la maladie. La prévention d’ Alzheimer passe également par une bonne hygiène de vie : activité physique, alimentation équilibrée et stimulation cognitive au quotidien.

La stimulation cognitive pour prévenir ou ralentir Alzheimer

Afin de retarder les effets du vieillissement et de maintenir ses capacités intellectuelles, à tout âge, il est recommandé de stimuler ses fonctions cérébrales à l’aide d’apprentissages et d’activités variées. Non sollicité, le cerveau a tendance à perdre des connexions et à décliner.

Dans la cadre de la maladie d’ Alzheimer, la stimulation cognitive constitue un enjeu majeur de prévention mais aussi de ralentissement dans la progression de la maladie. Son approche pédagogique globale permet de préserver la plasticité cérébrale en tenant compte des problématiques cognitives, psychologiques et sociales de la personne âgée. La mise en place d’exercices, de jeux ou d’autres activités sous forme d’ateliers permettant de faire travailler le cerveau donnent d’excellents résultats.

Pour les malades, cette stimulation vise plusieurs objectifs. D’une part, les exercices permettent de ralentir le déclin de la mémoire (visuelle, spatiale et/ou auditive) mais aident également à améliorer les facultés d’adaptation et de concentration des seniors. Cette sollicitation cérébrale peut également aider à détecter les signes de toute autre pathologie concomitante liée à l’âge, permettant ainsi de prendre les mesures adéquates pour retarder son évolution. Par ailleurs, ces activités intellectuelles, agissent sur la capacité des patients à maintenir un lien social ainsi qu’à réguler leurs troubles de l’humeur, ceux-ci gagnant en autonomie et retrouvant l’estime de soi.

La stimulation cognitive, les exercices

La stimulation cognitive est efficace si elle est bien adaptée au profil de la personne âgée. Il est important de tenir compte de ses envies mais aussi de ses capacités intellectuelles. La participation et la réussite de l’exercice y sont à chaque fois valorisées et le malade félicité afin de renforcer sa confiance en lui. Il est conseillé de varier les activités proposées aux seniors afin de mobiliser l’ensemble de ses fonctions cérébrales. Plusieurs types d’exercices sont possibles :

  • Des jeux de réflexion : mots croisés, jeux de logique, puzzles…
  • Des ateliers de compréhension : lecture de journaux, de romans, atelier d’écriture…
  • Des activités créatives : peinture, musique, modelage…
  • Les activités d’orientation : promenade, danse, sorties…

Dans le cadre de la sensibilisation et de la prévention de la maladie d’ Alzheimer, ces activités qui maintiennent la bonne santé des vaisseaux et entretiennent la plasticité cérébrale sont particulièrement adaptées. Qu’elles se déroulent sous forme d’ateliers, de jeux de société mais aussi via une application pour tablette et smartphone, la stimulation cognitive est essentielle dans la prise en charge de cette pathologie. Ludiques, faciles à mettre en place et à prendre en main, développant un ensemble de solutions variées, les nouvelles technologies sont devenues un outil essentiel dans l’accompagnement des malades de troubles cognitifs.

Des applications numériques, à l’instar d’ExoStism, permettent de pratiquer des exercices ludiques adaptés à différents niveaux cognitifs. Développée à destination des psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens et autres professionnels paramédicaux, cette solution permet d’accompagner des malades seuls ou en groupe, à domicile ou en structure médicalisée, selon un programme (préconisé, à la carte ou aléatoire) personnalisé en fonction de leur profil. Reconnu comme un véritable dispositif médical, ce coach cérébral permet de stimuler la cognition (mémoire, attention, langage…) et de lutter contre les troubles du comportement. Disponible sur tablette (iOS et Android), ExoStim bénéficie d’un accompagnement (formation et suivi opérationnel).

À noter : Réalisée par un personnel spécialisé, souvent l’aidant, la stimulation cognitive se pratique individuellement ou en petits groupes homogènes aux stades léger à modéré de la maladie.

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25 Oct
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Ils ont perdu des fonctions cognitives qu’ils ne pourront pas récupérer

Rencontre avec Clémentine Duval, psychomotricienne

La pandémie du Covid-19 a mis en lumière de nombreux dysfonctionnements dans le domaine de la santé. Plusieurs incohérences dues au manque de visibilité sur la situation ont conduit à une cacophonie des services, qui ont dû tant bien que mal s’adapter pour continuer à suivre les patients.

Les services à domicile ont été - sûrement plus que les autres - victimes de ces incohérences.

Certains sont d’abord jugés non essentiels (mars 2020) puis de nouveau essentiels en automne. Les services hospitaliers sont saturés, le maintien à domicile doit être privilégié, mais les aides à domicile ne sont pas reconnues par les pouvoirs publics. Tout comme les EHPAD, le manque de matériel et de personnels est accentué par la crise mais les systèmes publics peinent à coordonner leur réapprovisionnement…

Les services d’aides à domicile ont dû s’adapter pour soutenir les patients qu’ils suivent au quotidien et qui ont souffert d'un isolement aggravé par la pandémie.

Cet isolement n’est pas sans conséquence sur les facultés cognitives, en particulier pour les personnes souffrant de troubles cognitifs ou neurologiques. Clémentine Duval, psychomotricienne au SSIAD de Marines, nous parle de l’évolution de la situation des patients qu’elle suit, mais aussi des services d’aides à domicile.



Photo de Clémentine Duval

Clémentine Duval est psychomotricienne au sein du service de soins infirmiers à domicile SSIAD de Marines de la Croix-Rouge. Elle coordonne les parcours de soins et les intervenants de l'équipe spécialisée Alzheimer.

Rencontre avec Clémentine Duval

Pouvez-vous présenter le SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) de Marines ?

Nous avons en charge un maximum de 30 personnes par semaine pendant 15 séances. Je fais une première évaluation de la mémoire de la personne et des troubles cognitifs. Ensuite une assistante en soins gérontologique qui fait partie de l'équipe de l'ESA vient réaliser les séances avec les objectifs que j'ai déterminés. Je reviens au milieu et en fin de prise en charge pour évaluer le besoin. L'objectif, c'est de mettre en place des relais pour les personnes qui ont des troubles cognitifs à domicile, pour qu'ils ne se sentent pas isolés. Il faut qu'elles soient stimulées et qu'elles puissent rester à domicile et maintenir leur autonomie au maximum.

À l'ESA on s'occupe uniquement de personnes avec des troubles cognitifs, mais au SSIAD le spectre est plus large. Nous sommes en charge de personnes atteintes de troubles cognitifs mais aussi neurologiques ou encore en situation de handicap.

Vous êtes-vous rendu compte de l’ampleur qu’allait prendre la crise sanitaire ? Y avait-il des signes annonciateurs dans votre fonctionnement ?

Cela a été marqué pendant le premier confinement, même si quelques semaines avant c’était déjà compliqué. L'ESA a été obligée de fermer ses services car on ne faisait pas partie des services essentiels. Pendant le premier confinement ils nous ont fermé pendant deux mois.

Pour le SSIAD, c'est vraiment pendant le premier confinement qu'il y a eu une grosse prise de conscience.

Ça a été très compliqué parce que les aidants ou les personnes qui s'occupent des personnes malades à domicile se sont trouvées sans rien du jour au lendemain. Les centres d'accueil de jour ont fermé, les associations qui prenaient en charge les personnes pour soulager les aidants comme France Alzheimer et les haltes répit ont fermé. Ça a été difficile pour eux, pour nous aussi, parce qu'on a essayé de maintenir un lien avec les personnes les plus isolées par téléphone en les appelant régulièrement.

Sauf que c'est compliqué parce que parmi ces personnes, certaines ne sont même plus en capacité de décrocher le téléphone. D’autant que ça ne remplace pas le contact humain. Et puis, on va dire que les réseaux d'information tels que BFM TV ou LCI n'ont pas aidé à rassurer les personnes âgées (rires).

Au niveau du SSIAD nous avons dû adapter notre façon d'intervenir à domicile. Tout un protocole de désinfection des mains, des voitures de service, du matériel a dû être mis en place, avec en plus le port du masque et les blouses.

Et au niveau relationnel, certains patients qui ont des troubles cognitifs nous ont vu habillés en blouse. Nous avons dû leur expliquer qu'il y avait un virus, qu'on devait se protéger, qu'on arrêtait les serrages de main. Il y avait des personnes très tactiles avec peu de passage dans la journée donc ça a été compliqué de leur faire entendre que tout ça c'était fini.

Mais là où ça a été encore plus marqué, c'est quand on a repris l'activité. Quand j'ai refait mes évaluations cognitives, les personnes avaient perdu 5 points sur chaque évaluation (sur 30). C'est énorme. Ils ont été coupés de tout et ils ont perdu des fonctions cognitives qu'ils ne pourront pas récupérer. Quand c'est perdu, c'est perdu. Ça a été vraiment une grosse claque, c'était très compliqué pour les personnes âgées.

Après les deux mois de fermeture vous avez pu reprendre votre activité comme avant ?

On n'a pas eu d'informations de l'ARS, donc chacun faisait à sa sauce. Certains ESA ont décidé de reprendre progressivement l'activité en prenant d'abord les personnes les plus isolées. Nous, en tant qu'ESA de campagne, nous nous occupons de personnes plus isolées et nous avons choisi de reprendre tout le monde au même niveau, ainsi que de reprendre certains patients à qui il ne restait que quelques séances pendant 4-5 séances supplémentaires pour ne pas les laisser sans rien à cause de la coupure. Et on a repris l'activité comme avant.

Comme au SSIAD on a dû adapter nos protocoles : port du masque, lavage des mains... On a dû privilégier des supports qui pouvaient se désinfecter, donc éviter les jeux de cartes, ces choses-là. Ou alors papier crayon à condition qu'ils restent chez la personne.

On avait monté un dossier auprès de la conférence des financeurs pour avoir les tablettes numériques, ce qui a été mis en place en fin d'année. Ça nous a permis de mettre en place des relais et de pouvoir poursuivre les séances à distance.

Est ce qu'il y a eu des changements dans la manière de fonctionner avec les collègues ?

L’organisation interne a dû être modifiée. Sur toute l’année 2020, toutes les réunions d’équipes avec tous les intervenants ont dû être supprimées, tout simplement parce qu’on ne pouvait pas accueillir tous les salariés.

Pour les petites équipes, comme à l’ESA, nous sommes 5, donc nous avons pu continuer à coordonner les soins et les dossiers ensemble.

Ce qui a changé aussi, c'est que les salariés ont été plus sur le qui-vive face aux symptômes du covid, car on a eu des patients et des salariés atteints pendant la seconde vague.

Les dossiers patients numériques, en place avant la pandémie, nous ont permis de continuer de travailler et de mettre à jour régulièrement les données des patients. Là dessus, il n'y a pas eu de changement.

Est-ce qu'il y a eu un appui de la Croix rouge nationale ? Est ce que faire partie d'une grande organisation représente un avantage ?

La Croix Rouge a mis en place au début de la crise sanitaire ce qu'ils appelaient "Croix-rouge TV". Tous les midis, le président national délivrait un communiqué pour toutes les structures Croix-Rouge qui nous informait au jour le jour de ce qui se passait au niveau du Covid dans les régions et ce qui allait être mis en place aussi bien pour les salariés que pour les patients. Ça permettait d'avoir les informations au même moment pour tous les salariés.

Au niveau du matériel de protection, masques, gel hydroalcoolique on a été pas mal épaulé par la Croix-Rouge. Notre direction nous appelait toutes les semaines pour faire des points régulièrement. Si on avait besoin d'autre chose, si on éprouvait des difficultés on pouvait aussi communiquer avec les EHPAD s'il y avait besoin d'un surplus de matériel. La Croix-Rouge était quand même un avantage face à la crise sanitaire.

Par ailleurs, puisque je n'étais plus sur l'ESA au niveau de l'équipe, j'ai proposé des séances de relaxation pour les salariés pour leur permettre de souffler un peu, parce qu'ils étaient aussi très angoissés. C'était aussi l'occasion de parler de tout le stress que cela engendre au niveau de leur profession.

Y a-t-il eu des échanges avec d'autres SSIAD / SAAD / ESA pour le matériel ?

Il y a un SAAD qui n'est pas la Croix-rouge qui fait des permanences dans nos locaux. On a des patients communs donc on a pu se coordonner avec eux sur le secteur. À un moment, on a eu des problèmes pour assurer certains soins parce qu'on était en sous-effectif. Nos salariés ont fait des heures supplémentaires et les salariés du SAAD, parce qu'ils sont habilités pour l'aide à la toilette, nous ont prêté main forte ponctuellement pour nous permettre de pouvoir tourner et que tout le monde puisse avoir ses soins comme il faut.

Au niveau des SSIAD et des ESA on n'a pas eu beaucoup de réunions mais on a eu un échange avec tous les SSIAD du 95 (pas nécessairement Croix-rouge) sur leurs difficultés pendant la crise. Ce qui ressort principalement, c'est le manque de personnel : le Ségur de la santé est passé pour l'hospitalier mais pas pour le domicile. On avait déjà du mal à recruter, mais là ça s'est accentué.

Ces échanges sont-ils impulsés par le département ou organisés entre vous ?

On organise tout entre nous. On a un groupe d'échange par mail qui permet de contacter les autres services s'il y a des difficultés et d'organiser des réunions. Ça existait avant la crise mais les réunions étaient moins fréquentes, à peu près tous les six mois. Ça s'est accéléré avec la crise, on s'est retrouvés pris au dépourvu parce que pendant le premier confinement on était non essentiels puis on est passé essentiel.

Et puis, l'ARS avait du mal aussi, donnait des recommandations, mais sans être explicite. C'était bien d'avoir ces réunions là pour en discuter, pour se mettre tous d'accord et qu'on avance tous dans la même direction. Ça a permis d'homogénéiser les fonctionnements.

Est-ce que vous avez pu échanger avec les autres pouvoirs publics : collectivités locales notamment ?

On a eu des échanges, mais... Je pense que la crise sanitaire a aussi surpris les pouvoirs publics. Ce qui a été difficile pour nous dans le Vexin c’est qu’il n’y a pas de relais. On avait un centre d'accueil de jour qui a fermé. On est vraiment en solo pour les personnes âgées.

Au niveau associatif, les seules associations qui sont présentes, un peu soutenues par la mairie et la commune est la halte Répit Détente Alzheimer tenue par des bénévoles Croix-Rouge donc proche de notre fonctionnement. Eux ont dû fermer le lieu d'accueil et ne faisaient que du domicile.

Les mairies ont mis en place des centres de dépistage et nous ont appelé pour savoir si on avait assez de masques, de gel, etc. Des entreprises aussi nous ont contactés, parfois pour des dons.

Eux ont dû gérer le dépistage. Maintenant on est dans la vaccination. Donc, encore une fois, chacun fait un peu dans son coin. Par exemple, la MAIA nous a demandé de recenser les personnes qui voulaient se faire  vacciner au niveau de l'ESA et du SSIAD. Avant même qu'on leur rende, l'ARS avait déjà mis en place des vaccinations à domicile. La MAIA a organisé d'autres équipes via les SSIAD et les infirmières libérales. Les mairies aussi ont mis en place des équipes mobiles de vaccination, le tout sans se coordonner.

Chacun veut bien faire, mais les acteurs publics ont du mal à se coordonner. Sachant que la MAIA a été mise en place il y a un an, donc pendant la crise sanitaire. Ça manque un peu de coordination mais on s'en sort.

Est-ce que vous avez jugé l'information offerte aux patients et à leurs proches suffisante en quantité et en qualité ?

Alors on a joué un rôle, car il y a eu trop d'informations pour les aidants et les personnes accompagnées. On s'est retrouvés avec beaucoup de personnes qui nous ont posé des questions du type : "est ce que si je vais voir ma mère, il faut que je me fasse tester toutes les semaines?" ; "Est ce que si je porte un masque, et que je me lave les mains je peux quand même aller la voir?" etc.

J'ai aussi des patients qui se sont complètement isolés, qui ont arrêté de faire leurs courses... Il a fallu trouver le juste milieu au niveau de l'information pour leur expliquer que oui, il fallait mettre en place les gestes barrière, qu'il fallait se laver les mains, etc.  Mais qu'il fallait rester quand même humain et que, dans la maladie d'Alzheimer il y a besoin de liens sociaux.

On a temporisé avec les infos qu'ils recevaient de plusieurs sources. Il y a eu pas mal de questions autour de la vaccination : "où se faire vacciner", "comment ça se passe", des questions concernant les types de vaccin, etc.

Après, on a eu aussi l'effet inverse, c'est-à-dire des familles qui continuaient à voir leurs proches sans masque, des familles qui ont en plus été testées positives au covid. Dans ces cas-là on a dû faire de la prévention sur l'intérêt du masque et de se laver les mains. On était complémentaires à toutes les informations qu'ils ont reçues par ailleurs. Pour les personnes âgées ç'a été compliqué à mettre en place mais depuis un an ils comprennent, le masque, se laver les mains, ça a pris du temps mais maintenant c'est intégré dans le quotidien. On a été là pour rassurer, et répondre à des petites questions sur des points précis. Mais de façon générale les gens ont été plutôt surinformés.
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25 Oct
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Développer l’accompagnement en EHPAD, malgré la crise du COVID-19

Rencontre avec Marianne Pannetier, Directrice de l'EHPAD du Bois-Doucet, ARPAV

Il y aura un avant et un après la crise sanitaire du Covid 19 pour les EHPAD. La crise qui a touché plus sévèrement les populations âgées, a provoqué un véritable séisme dans les institutions telles les EHPAD. Cette crise a été une souffrance pour les résidents, pour les familles et pour les soignants.

Les décisions à prendre pour protéger les résidents de la maladie et préserver la santé des équipes soignantes, ont pu être mal perçues, mal comprises, mal suivies, dû à la sévérité de la situation.

En 2020, les trois quarts des Ehpad ont eu au moins un résident atteint et un établissement sur cinq a connu un épisode dit « critique ». La campagne de vaccination ayant débuté dans les Ehpad en toute fin d'année 2020, progressivement, les contaminations baissent. On dénombre moins de 100 nouveaux épisodes par semaine depuis début mai 2021.

Rencontre avec Marianne Pannetier, Directrice de l'EHPAD du Bois-Doucet, ARPAVIE

À quel moment vous êtes-vous rendu compte que cette crise sanitaire allait être différente des précédentes que vous auriez pu connaître ?

Nous n’avons jamais connu d'autres crises que celle-là dans les EHPAD. Nous, les directeurs, nous avons compris que ça allait être très compliqué dès le départ parce qu'on n'avait pas d'échéance. La problématique de cette épidémie, contrairement à une grippe ou une autre épidémie d'infections respiratoires qui durent 15 jours-3 semaines, là nous n’avions pas de date de fin. Ce ne sont pas les mesures gouvernementales qui nous ont inquiétés mais plus de se dire combien de temps il allait falloir tenir avec cette crise.

Quelles ont été vos relations avec les acteurs institutionnels, notamment l'ARS ou les collectivités territoriales ?

On a eu la chance que l'ARS et le département aient été d'un grand soutien, puisqu'ils ont déployé très vite des moyens qui ont pu répondre à toutes les problématiques qu'on pouvait rencontrer. Des problématiques de gestion de la crise ou des problématiques humaines. On a reçu des appels très bienveillants des autorités qui étaient là pour nous aider et nous accompagner. Quelles que soient les situations qu'on pouvait rencontrer sur les établissements et sans jugement ou a priori sur les établissements.

Au niveau local, nous avons de très bons rapports avec la commune, avec le CCAS et puis le maire de la commune. Il y a eu beaucoup de solidarité pendant la crise sanitaire et beaucoup d'attention, portée en tout cas à l'accompagnement des personnes âgées.

Comment l'annonce du confinement en chambre d'abord, puis le maintien sur le long terme de ces mesures ont été vécues à la fois par les résidents et par leurs proches ?

Pour les résidents, ça a été subi. Ils n'ont pas eu le choix. Il a fallu travailler en équipe sur la façon de rassurer, parce que la difficulté quand les résidents ont été confinés était qu'il n'y avait plus de visibilité pour les proches sur ce qui se passait dans l'EHPAD.

Il a fallu rassurer les familles et casser ce cloisonnement entre l'extérieur et l'EHPAD. On a mis en place des Skype entre les résidents et leur famille, des cellules d'accompagnement téléphonique pour qu'ils puissent avoir leur proche au téléphone. On a transmis un maximum d'informations sur la vie de l'établissement par mail aux familles.

La communication avec les familles était primordiale. La disponibilité de la direction pour tout questionnement de famille était très importante aussi.

J'ai retravaillé l'organisation des équipes pour que les équipes soient au plus près des résidents dans leur chambre. Comme toutes les activités collectives étaient annulées, on a recentré tous nos accompagnements sur de l'accompagnement individuel.

On a également eu tout un travail, un questionnement en équipe pour repenser notre métier afin que les résidents se sentent le moins isolés possible.

Quelles sont les activités individuelles que vous avez pu proposer ?

C'est passé de la simple rencontre avec des visites en chambre à des activités sportives, de la stimulation cognitive avec des tablettes ou d’autres outils...

Les accompagnements individuels ne se limitent pas à la chambre. On avait mis en place dans l'établissement des sorties, puisqu’on a la chance d'avoir un beau jardin. Les accompagnements individuels, étaient aussi décidés en fonction de la demande de chaque résident et en fonction des métiers représentés dans l'EHPAD.

Avez-vous utilisé de nouveaux outils ?

On a surtout proposé de nouvelles activités à partir de l'existant, avec les moyens développés. Et on a le numérique qui s'est développé. On a eu des dons de tablettes par la Fondation de France et des entreprises locales qui nous ont permis de faire beaucoup plus de visio avec les familles et d'accompagnement de stimulation cognitive.

Comment vos équipes ont-elles réussi à traverser la crise ?

Il y a eu un sentiment de peur. Les professionnels avaient peur de ramener le virus dans leurs familles. Il y a eu aussi la peur que l’équipe soit touchée et d'être en sous-effectif. Il y a eu aussi un sentiment d'impuissance. Il y a toujours ce sentiment de se dire est-ce qu’on fait bien notre travail ?

Le point positif, c'est qu'il y a eu beaucoup de solidarité entre les équipes. Elles se sont vraiment serrées les coudes et se sont motivées entre elles pour pouvoir avancer. C'est cette solidarité qui nous a permis de nous organiser très rapidement.

Comment est-ce que la crise a affecté le travail des salarié.e.s ?

J'ai beaucoup de salariées: les psychomotriciens, les ergothérapeutes, qui ont fonctionné ainsi : elles ont décalé leurs horaires de travail pour être présentes sur les temps forts des résidents, sur les temps où ils avaient besoin.

Ils arrivaient plus tard le matin pour accompagner plusieurs résidents en chambre surtout lors de la prise des repas, pour éviter la perte d’appétit. Le soir pareil au lieu de terminer leur poste à 18h, ils partaient de l'établissement à 19h30.

Faire partie d'Arpavie a-t-il été un atout ?

Avoir Arpavie derrière nous nous a permis d'avoir une direction médicale qui analysait aussi toutes les mesures gouvernementales et qui nous aidait à rédiger les protocoles et les procédures à suivre.

Ça a été aussi bénéfique quand les prix se sont envolés pour les masques et les autres produits d'équipements individuels. On a pu commander en groupe avec plusieurs EHPAD pour limiter les coûts d'achat de protection individuelle pour les soignants. Le fait d'appartenir à un groupe a été très bénéfique, même pour le soutien moral des professionnels. On a été bien accompagnés, on ne s'est pas senti seul.
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Le pari de la Tech pour les aînés

La crise du Covid-19 a boosté l’usage de nouveaux outils numériques dans les EHPAD.

Une transition numérique accélérée

Les EHPAD sont restés complètement cloisonnés lors du premier confinement, entre mars et juin 2020. La décision du confinement en chambre a obligé les équipes à trouver des solutions pour créer un lien entre les résidents et l’extérieur. La crise a mis en lumière les dangers de l’isolement. De nouvelles méthodes ont été développées pour encourager la stimulation des résidents.

La demande accrue pour les appels visio avec la famille des résidents a accéléré la transition numérique des EHPAD. Cette évolution pourrait apporter de nouveaux bénéfices dans les années à venir, en simplifiant l’introduction de nouvelles technologies. 

Zoom sur Zoom

Les appels en visioconférence ont permis de rassurer les proches des résidents. Plus qu’un appel téléphonique, l’appel en visioconférence permet aux familles de se rendre compte de l’état de santé de leur proche et de maintenir le lien malgré la distance. La visio réduit l’état d’anxiété des résidents qui, du jour au lendemain, n’ont plus vu le visage de leurs soignants, cachés derrière les masques chirurgicaux et les surblouses.

Les dons de tablettes ont permis d’initier certaines personnes âgées aux outils numériques, et aux équipes de les utiliser plus fréquemment. Par exemple, l'ARS Grand Est a distribué près de 800 appareils connectés aux structures médico-sociales. Cette démarche qui n'est pas isolée a accéléré la transition numérique des EHPAD.

Le numérique a facilité l’adaptation d’activités collectives au format individuel. Les applications spécifiques à la stimulation cognitive ont pu être utilisées pour pallier le manque d’activité en groupe. Les équipes soignantes peuvent facilement et rapidement désinfecter les tablettes pour permettre à tous les résidents de les utiliser.

La télémédecine a également pris sa place pour suivre les dossiers médicaux des résidents, quand les médecins traitants ne pouvaient plus se déplacer. Les téléconsultations permettent aux résidents de faire des consultations à distance avec les CHU sans avoir à se déplacer.

Les leçons pour la suite

Le numérique a permis aux équipes de professionnels de créer du lien entre eux afin de partager leurs expériences et trouver les meilleures pratiques pour protéger les résidents de la maladie tout en continuant à prendre soin de leur santé mentale.

Les réponses les plus efficaces ont été collectives, au sein des établissements ou avec les autres établissements. On peut espérer que la crise a permis aux différents acteurs de forger des liens de collaboration durables.

Cependant, les outils sont toujours insuffisamment utilisés dans les EHPAD que ce soit pour les résidents, comme pour les professionnels. Ils suscitent toujours de l’incompréhension parmi les résidents, et sont donc plus largement utilisés par les soignants.

La transition numérique reste inégale entre les EHPAD. Il existe des inégalités entre les établissements privés plus en avance que les publics. L’accès à internet haut débit reste un obstacle pour  les établissements plus reculés.

Le numérique ouvre de nouvelles possibilités de travail pour les EHPAD dont la crise sanitaire a exacerbé des tensions préexistantes. La digitalisation vise avant tout l’amélioration du confort de vie des résidents, et les conditions de travail des équipes. En termes de e-santé, bien-être et télécommunication, le numérique a pu montrer l’étendue de ses possibilités. Il revient aux directions et aux acteurs de la tech de construire et utiliser les outils les plus adaptés aux besoins des seniors.

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Afin de retarder les effets du vieillissement et de maintenir ses capacités intellectuelles, à tout âge, il est recommandé de stimuler ses fonctions cérébrales à l’aide d’apprentissages et d’activités variées. Non sollicité, le cerveau a tendance à perdre des connexions et à décliner.

Dans la cadre de la maladie d’ Alzheimer, la stimulation cognitive constitue un enjeu majeur de prévention mais aussi de ralentissement dans la progression de la maladie. Son approche pédagogique globale permet de préserver la plasticité cérébrale en tenant compte des problématiques cognitives, psychologiques et sociales de la personne âgée. La mise en place d’exercices, de jeux ou d’autres activités sous forme d’ateliers permettant de faire travailler le cerveau donnent d’excellents résultats.

Pour les malades, cette stimulation vise plusieurs objectifs. D’une part, les exercices permettent de ralentir le déclin de la mémoire (visuelle, spatiale et/ou auditive) mais aident également à améliorer les facultés d’adaptation et de concentration des seniors. Cette sollicitation cérébrale peut également aider à détecter les signes de toute autre pathologie concomitante liée à l’âge, permettant ainsi de prendre les mesures adéquates pour retarder son évolution. Par ailleurs, ces activités intellectuelles, agissent sur la capacité des patients à maintenir un lien social ainsi qu’à réguler leurs troubles de l’humeur, ceux-ci gagnant en autonomie et retrouvant l’estime de soi.

La stimulation cognitive, les exercices

La stimulation cognitive est efficace si elle est bien adaptée au profil de la personne âgée. Il est important de tenir compte de ses envies mais aussi de ses capacités intellectuelles. La participation et la réussite de l’exercice y sont à chaque fois valorisées et le malade félicité afin de renforcer sa confiance en lui. Il est conseillé de varier les activités proposées aux seniors afin de mobiliser l’ensemble de ses fonctions cérébrales. Plusieurs types d’exercices sont possibles :

  • Des jeux de réflexion : mots croisés, jeux de logique, puzzles…
  • Des ateliers de compréhension : lecture de journaux, de romans, atelier d’écriture…
  • Des activités créatives : peinture, musique, modelage…
  • Les activités d’orientation : promenade, danse, sorties…

Dans le cadre de la sensibilisation et de la prévention de la maladie d’ Alzheimer, ces activités qui maintiennent la bonne santé des vaisseaux et entretiennent la plasticité cérébrale sont particulièrement adaptées. Qu’elles se déroulent sous forme d’ateliers, de jeux de société mais aussi via une application pour tablette et smartphone, la stimulation cognitive est essentielle dans la prise en charge de cette pathologie. Ludiques, faciles à mettre en place et à prendre en main, développant un ensemble de solutions variées, les nouvelles technologies sont devenues un outil essentiel dans l’accompagnement des malades de troubles cognitifs.

Des applications numériques, à l’instar d’ExoStism, permettent de pratiquer des exercices ludiques adaptés à différents niveaux cognitifs. Développée à destination des psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens et autres professionnels paramédicaux, cette solution permet d’accompagner des malades seuls ou en groupe, à domicile ou en structure médicalisée, selon un programme (préconisé, à la carte ou aléatoire) personnalisé en fonction de leur profil. Reconnu comme un véritable dispositif médical, ce coach cérébral permet de stimuler la cognition (mémoire, attention, langage…) et de lutter contre les troubles du comportement. Disponible sur tablette (iOS et Android), ExoStim bénéficie d’un accompagnement (formation et suivi opérationnel).

À noter : Réalisée par un personnel spécialisé, souvent l’aidant, la stimulation cognitive se pratique individuellement ou en petits groupes homogènes aux stades léger à modéré de la maladie.